Avant, j’avais des principes….désormais, j’ai un enfant !

Petit traité de lâcher-prise à destination des jeunes mamans

La vie m’a appris que, souvent, nos certitudes étaient balayées par la réalité…. mais alors, depuis quelques mois, je suis passée à la vitesse supérieure !

En effet, pendant toutes ces années au cours desquelles j’ai rêvé d’avoir un enfant, je me suis énormément documentée sur le sujet, si bien que j’avais des idées très précises de ce qui m’attendait le jour où le miracle aurait lieu, s’il avait lieu, et surtout la façon dont je gérerais les choses à ce moment-là.

Sauf que dans la vie, rien de ne passe comme on l’avait prévu…..

Parce qu’au moment où je me suis dit : résigne-toi, à ton âge, c’est foutu, le miracle s’est produit. J’ai fait la rencontre qui a tout changé. Je me suis retrouvée enceinte. Et ma vie a basculé dans un joyeux foutoir.

Alors, certes, j’ai un grand sens de l’adaptation. C’est ma grande force. Quoiqu’il en soit, mon loupiot m’a fait jeter pas mal de mes principes aux orties…

Principe n° 1 : Lorsque je serai enceinte, pas moyen que je me laisse aller !

Non, parce que le look baleine et la démarche de manchot empereur, ce n’est pas pour moi. Moi, je contrôlerai mon poids, je resterai élégante et j’avancerai d’un pas léger et serein.

La réalité :

Ne pas avoir une démarche de culbuto, ok, ma première prof de danse classique m’ayant asséné pendant 15 ans de me tenir droite. Les vieux réflexes ont la vie dure.

En revanche, j’ai pris 20 kilos…..

J’ai eu une frénésie de malbouffe (je ne sais plus combien de commandes j’ai passées chez Speed Burger) à la fin du deuxième trimestre, qui m’a fait prendre 10 kilos en un mois.

En plus, insomniaque, je mangeais même la nuit.

Pour couronner le tout, la rétention d’eau a fini par me faire ressembler à une boule.

Un jour, ma chef, qui a l’habitude de m’interpeller pour me remettre un document à corriger lorsqu’elle m’entend passer devant son bureau, m’a interpellée alors que j’étais à l’autre bout du couloir… j’avais un pas super léger, quoi…

A la fin, je me traînais lamentablement telle une baleine sur le point de s’échouer sur la plage et j’avais un teint de zombie anémié. Et autant d’énergie qu’une palourde trop cuite.

Conclusion :

Aujourd’hui, j’ai presque tout perdu et je ferme à nouveau mon jean. J’ai toujours un peu de ventre mais tout rentre dans l’ordre progressivement.

J’ai quand même eu très peur : un mois après l’accouchement, j’avais toujours l’air enceinte et j’étais toujours l’ombre de moi-même.

Enfin, bref, pour le glamour et l’élégance, je repasserai !

Principe n° 2 : J’aurai un accouchement naturel !

Pas de péridurale, pas d’épisiotomie, pas d’injection d’hormones de synthèse pour accélérer le travail, etc., bref, un vrai accouchement physiologique.

Je voyais l’accouchement comme un rite initiatique, une expérience mystique, en quelque sorte.

J’avais même rédigé un joli projet de naissance.

La réalité :

Quoi ????? C’est ça, des contractions ??????

Après six heures à douiller ma race et pleurer ma mère de travail, j’ai réclamé à cors et à cris une péridurale !!!! J’étais au bout du rouleau (en plus, je venais de faire les cent pas pendant six heures, puisque c’était pire lorsque je m’asseyais, alors ne parlons pas de m’allonger) tant physiquement que nerveusement.

Lorsqu’en plus la sage-femme m’a dit que j’étais dilatée à 4 ( hein ? c’est tout ? c’te blague ?!!), je me suis dit que j’allais mourir.

La péridurale m’a tout de suite soulagée et tout est alors parti en cacahuète : bébé coincé et en détresse cardiaque parce que lui, la péridurale, il n’a pas du tout aimé. J’ai eu la trouille de ma vie, quoi.

Cinq minutes plus tard, mon fils naissait par césarienne. J’étais à la fois dégoûtée (même pas fichue d’accoucher) et grandement soulagée (mon calvaire est enfin terminé, merci mon Dieu).

Conclusion :

Ouais, bon, on s’en est sorti tous les deux. Et c’est ça qui compte. C’est le soulagement qui l’a emporté, quoi.

Il est en bonne santé, pousse comme un champignon, et moi, j’ai un périnée de jeune fille, en béton armé, et qui ne nécessitera donc pas de rééducation. Et puis, j’ai échappé à l’épisio, hein.

N’empêche que la prochaine fois que j’ai envie d’un gosse, j’adopte un chat à la place.

Principe n° 3 : Je suis un mammifère, l’allaitement est une évidence !

Ben oui, on est génétiquement programmés pour l’allaitement, donc ça ira tout seul. Fingers in the nose !

La réalité :

La césarienne a retardé la montée de lait. Pas de lait, donc, un petit crapaud qui hurlait non-stop parce qu’il avait faim et qui avait perdu 10 % de son poids, des crevasses parce qu’en plus je m’y prenais comme un manche….

J’ai failli abandonner l’allaitement avant même que de l’avoir vraiment commencé.

J’ai dû lui donner des mini-biberons de lait artificiel et prier Sainte Rita, patronne des causes désespérées, pour que cette foutue montée de lait arrive.

Et puis j’ai lâché prise. J’ai déclaré à la puéricultrice que l’allaitement ça me gonflait et que je me donnais encore deux jours avant de laisser tomber. C’était le matin. La montée de lait s’est faite l’après-midi même.

Encore un peu de galère, mes crevasses, ses coliques, et puis au bout de deux semaines, ça roulait.

Conclusion :

Il faut s’accrocher et être bien conseillée pour réussir son allaitement.

Aujourd’hui, ça roule, mon petit crapaud de boutasse pesait 6 kg pour 62 cm à sa dernière visite chez le médecin, et j’ai même du lait au congélo ! Oui, j’ai investi dans un petit tire-lait manuel pour me soulager, parfois. Je pourrais allaiter des jumeaux.

Quoiqu’il en soit, je ne vais pas l’allaiter jusqu’à ses deux ans non plus, comme je le pensais avant d’être enceinte… un an, c’est très bien…. si j’y arrive… je ne suis plus sûre de rien….

Ma menace préférée lorsqu’il s’agite comme un beau diable en tétant ?  » Calme-toi sinon je te passe illico au lait de vache en poudre trafiqué chimiquement !!!  » Je suis une mère cruelle, mouahahah !!!! Blague à part, il existe des laits artificiels bio qui ont l’air très bien, pour prendre le relais jusqu’à ses deux ans.

Principe n° 4 : Je suis un mammifère, je porte mon bébé !

Exit les poussettes et les transats, vive l’écharpe de portage !

La réalité :

Alors oui, mon écharpe de portage, je l’aime. Et en plus, je suis la reine du nouage et me la pète à fond auprès des copines, avec ça. Pour une petite course ou une petite balade, c’est super.

Sauf que j’ai mis du temps à ne plus avoir mal au ventre (encore un coup de cette césarienne), et puis le bestiau faisait déjà 6 kg à seulement deux mois et demi. J’ai un tantinet le dos en vrac, il y a des jours.

J’ai donc récemment investi dans une poussette canne, sur laquelle je peux fixer mon siège auto coque, acheté récemment lui aussi. Ce même siège auto dont je me sers comme transat à la maison. Petit Pierre l’adore, son siège coque. Parfaitement. Il gigote et se balance tout seul. Et ça l’éclate, en plus : il faut le voir, bouger ses petits bras comme un Maneki Neko qui se serait shooté à la caféine, pour se balancer.

Oh, bien sûr, ma glue de fils reste persuadée que le meilleur, ce sont les bras de maman, et sans écharpe, d’ailleurs. La première chose que je me suis bien remusclée, ce sont les bras…. j’ai limite une tendinite à un poignet, également….

Bref, j’apprécie mon « transat » et ma poussette. Et mon dos aussi les apprécie.

Principe n° 4 : Vive l’écologie ! Mon fils portera des couches lavables !

Si, si, rappelez-vous, je m’étais fendue d’un article très étoffé sur ce sujet il y a quelques mois.

La réalité :

Bon, déjà, à la première utilisation, les pressions en plastoc se sont arrachées de mes shorties de protection….. je suis toujours aussi nulle avec cette pince. Je vais la revendre sur Le Bon Coin un de ces jours.

Ensuite, au premier lavage, mes doublures sont ressorties de la machine en ayant rétréci de moitié et les traces de selles n’avaient pas disparu.

Enfin, j’ai mis vingt minutes à étendre tout ça sous l’œil furax et les braillements de mon petit poulet en crapaudine, qui trouvait que le temps passé devant mon étendage, j’aurais mieux fait de le passer à le prendre dans mes bras et le trimballer dans tout l’appart (graine de tyran domestique !).

Alors, je me suis posée la question qui tue : Marie, est-ce que tu te vois faire ce cirque tous les trois jours ? La réponse : j’ai enfilé un jean, noué mon écharpe, mis le môme dedans et hop direction Lidl pour aller racheter des couches !!!

En résumé, il a porté des couches lavables pendant trois jours. Pire que ça : deux jours et demi.

Conclusion :

Mémé avait raison ! Elle qui m’avait dit : « mais tu n’irais pas t’emmerder avec des langes lavables tout-de-même ! ». Ma grand-mère ou le pragmatisme à l’état pur…. (en plus, elle avait le sens de la formule, vous en conviendrez)

Elles vont atterrir sur Le Bon Coin elles aussi…

Principe n° 5 : Pas moyen que je devienne tarte sous prétexte que j’ai un gosse !

Non, mais c’est vrai, ça, on en fait pas un peu trop avec la maternité ? Je suis pas du genre à me faire bouffer les neurones par mes hormones, moi, je suis ra-tion-nelle ! Voui, madame.

Et puis, ces bonnes femmes qui ne parlent plus que de leurs gosses, franchement, ce qu’elles peuvent être rasoir !

La réalité :

J’ai écrasé une larme lorsqu’il m’a fait son premier vrai sourire. J’ai trouvé que c’était le truc le plus magnifique que j’avais vu de toute ma vie. Bon, en réalité, j’ai même dû tirer mon mouchoir de ma poche.

Et dès qu’il pète de travers, j’inonde mon carnet d’adresse de sms mièvres. Et de photos cucul.

Pour couronner le tout, j’arbore fièrement un autocollant « Bébé à bord » sur la lunette arrière de ma voiture…..moi qui clamais haut et fort qu’il n’y avait rien de plus tarte que ce truc…. mais bon, je prétends que c’est du second degré, et vu mon humour, ça passe comme une lettre à La Poste. Cela dit, c’est vrai aussi que c’est du second degré.

Conclusion :

Ou comment un pitbull se transforme en guimauve… je dois gonfler tout le monde avec mon môme. Oui, même vous, mes fidèles lectrices. J’en ai conscience et je continue, c’est ça le pire !

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En définitive, il n’y a pas grand chose qui s’est passé comme je le pensais… mais je reste zen…

J’ai réussi à survivre à ses trois premiers mois, après tout, alors on s’en fout qu’il porte des couches jetables ou lavables, hein ? Du moment qu’il est heureux et en bonne santé.

Un prochain article, dans quelques mois, évoquera les frayeurs et réactions idiotes que j’ai eues depuis qu’il est né.

Et mes réflexions à deux balles sur le sens de la vie. Comme d’hab, quoi ! 😉

Et vous ? Vos illusions crashées contre le mur de la dure réalité de la maternité ???? Allez, je suis sûre que vous en avez à me raconter, vous aussi….. non, Maman, pas toi, steuplé…. 🙂